30 décembre 2012

Romy et Alain, histoire

Le 10 avril 1958, un jeune homme attendait, anxieux et impressionné, sur le tarmac de l’aéroport d’Orly. Il avait réussi, suite à deux rôles et sans aucune école de cinéma, aucun cour, aucun apprentissage, à être en haut de l’affiche. Romy Schneider, star incontestable de l’Europe d’après-guerre l’avait choisi sur photo « on a presque envie de dire sur catalogue » ( citation Evelyne Bloch Dano ), pour être son partenaire dans le film « Christine » remake de « Liebelei » film de Max Ophuls qui fit les belles heures de Magda Schneider. On lui en avait parlé à l’époque de « Mon premier amour », 3 ans plus tôt. Durant le tournage de « Jeunes filles en uniformes », qui précédait directement celui de « Christine » elle en avait parlé à Lili Palmer qui n’en avait jamais entendu parler. Les yeux bleus et le sourire ensorcelleur du bel Alain avait séduit Romy. Puis, elle l’avait oublier durant ces années où l’on avait fait d’elle un symbole, la sucrerie, la petite poupée fétiche d’un cinéma de dentelles et de jupons. Ils signèrent donc même temps que le contrat de Christine leur plus grande histoire d’amour. « Fidèles à leur serment d’éternité sur fond de vallée autrichienne dans Christine »ils s’aimeront d’un amour passion devenu amitié amoureuse jusqu’à la mort de Romy. Le 10 avril, Romy foule le tarmac d’un aéroport d’un pays qui l’adoptera et la gardera, d’un pays qui en fit une icone en même temps qu’une actrice française, et qui la fit tourner dans ses plus beaux rôles. Dans la lumière des flash et l’agitation de journalistes, elle avait aperçus son partenaire, Alain Delon. Il était beau, il portais à la main un bouquet de roses rouges. Les photos prises de cette rencontre nous montre un Romy radieuse, brandissant fièrement une tour Eiffel. Un Alain Delon souriant mais quelque peu mal à l’aise. La première impression est éblouissante, mais l’ennui et la banalité de la mise en scène de leur rencontre prendra le dessus. Car leur rencontre est une véritable mise en scène. Le bouquet pour que l’impression soit plus romantique, le costume pour la galanterie, le jeune Alain, doit s’avancer vers Romy au moment voulu, lui tendre les fleurs. Tout à été prévu dans les moindres détails afin que la publicité soit bonne, et que cela fasse une bonne promotion du film du même coup. Il est amusant de constater comme la rencontre à été « organisée » factice, contraire à l’avis et aux goûts des premiers intéressés, pour qui il ne s’agissait que d’un coup publicitaire qui leur déplaisait à tout deux, à côté de l’amour, sincère, véritable, authentique, sans artifice, qu’ils se porteront jusqu’au bout. Un amour puissant, à l’antipode de cette mise en scène factice.  Ils s’étaient embarqués tous deux, suivi de Jean-Claude Brialy, venu en guise d’interprête et qui obtiendra finalement un joli rôle dans le film, dû à la persuasion d’Alain, et au pouvoir de Romy. Ils s’étaient donc embarqués pour aller apprendre la valses à trois temps auprès d’une professeure revêche. Bien sûr, Romy ne connaissait à ce niveau là aucune difficulté. En Autriche, on valse comme on mangerait ou l’on s’habirait. Il était difficile d’en dire autant d’Alain, qui se sentait terriblement raide à devoir esquisser ses pas légers et rapides. Mais la magie faisait quand même son effet, ils apprenaient à se connaître. Les jours suivant, le tournage de Christine avait commençé. Alain était froid, arrogant. Romy , désarmée, devant un Alain ne voulant pas être « le débutant face à la star » lui parlait peu, ou pas. Les disputes s’enchaînaient, ils n’étaient décidément pas faits l’un pour l’autre. Et pourtant, ce qui allait suivre n’aurait aucune difficulté à démontrer le contraire. Alain arrivait, décoiffé, en blues jeans, trop décontracté, trop en retard, au volant d’une voiture conduite trop vite « à une vitesse démente ».« Soudain, il l’a injurié. Heureusement que Romy ne comprenait pas le français. Elle a souri. Eblouie. » Et un jour, c’est lui qui lui a souris à son tour. Il était amoureux d’elle également, et ce, définitivement. « Elle a fini par me faire perdre toute contenance » commentera-t-il. 

Les phrases entre guillemets sont des citations de biographes, ou issues d'articles.

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Romy, biographie

Romy Schneider ou être la plus grande actrice du cinéma européen durant 3 décennies. Les années 50 auront vues Romy débuter et prendre son essor, les années 60, de Boccace à la piscine, du Procès aux Choses de la vie, De Sautet à Visconti en passant par Welles, furent faites de grands succès et de longues éclipses. Mais c’est dans les années 70 que Romy Schneider, née Autrichienne, deviendra, dans des réalisations d’un certain Claude Sautet, actrice fétiche et incarnation de la femme française par excellence. Tout avais commencé, quand, en 1955, Ernst Marischka passé maitre dans l’art d’assurer la mise en scène de bluettes historiques, avait fait appel à Rosemarie Albach, avec qui il avait déjà tourné deux films, pour interpréter le rôle d’Elisabeth de Wittelsbach, dite Sissi. Tout avais redémarré quand, en 1968, un jeune homme célèbre, très célèbre, avec qui elle avait vécu 6 ans, qui fut et resta le l’amour de sa vie, l’imposa pour être sa principale partenaire féminine dans un polar à suspens, La piscine. Ils avaient alors trente ans, ils étaient beau, très beau et « faisaient tourner les têtes, chavirer les cœurs, monter l’adrénaline du public et de spectateurs » depuis qu’un jour d’avril 1958, ils s’étaient rencontrer sur le tarmac d’un aéroport. Tout s’était terminé, quand, un sombre jour de juillet 91, David, son fils, s’était empalé sur la grille de la propriété de ses grands-parents adoptifs. Romy Schneider était morte 10 mois plus tard. Mais tout avait continué. Parce-que elle avait autant marqué le cinéma que le monde, parce-que son talent l’avait porté très haut, et qu’elle le méritait. Parce qu’on s’était passionné pour Sissi, pour Romy, pour son histoire avec Alain Delon, pour tout ce qui consistait les choses de sa vie. Parce qu’elle continuait d’émouvoir, de faire vibrer rire ou tremblé les spectateurs. Parce-que la vie lui avait beaucoup donné et beaucoup repris. Parce-que elle était belle à se damner, qu’elle avait le talent, et la générosité. Parce-que elle connut, certes des moments très durs, mais aussi des bonheurs intenses, des rencontres merveilleuses et des amours  légendaires, car si Romy Parce-que elle ne cessa d’être présente et d’émouvoir. 

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29 décembre 2012

Romy et les Allemands

Si le départ de Romy Schneider a été si mal pris en Allemagne, ce n’est pas de son fait. Ni vraiment une faute commise par une partie des Allemands. Ou plutôt, si l’on peut considérer cela comme une erreur, elle est compréhensible, et si j’ose dire, légitime. Après la guerre, les humiliations, la cruelle défaite, la honte écrasante aux yeux des autres nations, l’occupation, l’Allemagne tient sa revanche. Elle tient sa revanche, car L’actrice, LA star européenne, qui fait rêver toute la jeune génération, est allemande, elle est la promesse d’un avenir meilleur, enfin la tête haute, pour tout un peuple.  A l’évidence, tout comme une grande partie des allemands de 1935 n’étaient pas nazis, ce n’est qu’une partie de l’Allemagne de 1960 qui réagira à ce point violement à cette désertion qui n’en étais pas une. Dans le cœur des Allemands, Romy passe de la 2ème place, vers 1955, à la 26ème en 1958, l’année de son installation avec Alain Delon.  Cette jeune fille qu’ils avaient porté si haut, qui leur devaient une partie de son foudroyant  succès, les abandonnait une fois arrivée au sommet. Ils le vivent comme une seconde humiliation, la seconde en 10 ans. Ce  n‘était évidemment absolument pas l’intention de Romy, ce n’était absolument pas son but. Mais c’est de cette manière que cela a été perçu par les siens. Sur ses épaules reposait tout l’honneur de ce pays en pleine reconstruction et en marche vers une meilleure estime de lui-même. "Pour les allemands, Romy Schneider est bien plus qu’une simple actrice. Elle est la figure de la revanche, l’emblème de la reconstruction allemande sur la scène du monde." ( "Romy, ma mère et moi" d'Evelyne Bloch Dano")  Cette responsabilité, elle ne peut l’assumer à 18 ans, alors qu’elle n’a rien demandé d’autre que d’être heureuse et de suivre les traces de sa mère sur les écrans. Sortie de son pensionnat religieux à peine deux ans avant Sissi, elle est excessivement jeune et ne peut pas assumer ce rôle d’emblème de l’Allemagne enfin relevée de demain, qu’elle n’a ni cherché, ni choisit. Elle n’est qu’une jeune fille en quête  d’indépendance qui suit à Paris le jeune homme dont elle est passionnément amoureuse et qui essaie de se détacher de ce rôle de Sissi, qui a indéniablement été une chance, elle le reconnaîtra elle-même, mais qu’elle ne va pas interpréter éternellement.

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31 mars 2011

Romy

Romy Schneider, c'était une actrice qui se donnait à fond. Une femme plus grande que son destin, "Romy Schneider ne peut se comprendre qu'à travers sa nature excessive" a écrit Johannes Thiele. C'est vrai. Elle était entière et donc excessive, il lui fallait un bonheur absolu. Comme elle ne le trouvait pas elle était malheureuse. Mais elle n'était pas seulement malheureuse, elle était terriblement malheureuse de ne pas être terriblement heureuse. Le spleen germanique dira-t-elle. Soit on est tout en haut soit on est tout en bas. Et pourtant .. "Belle, riche, célèbre, que te fallait-il de plus ? " dira Alain Delon. Et il rajouteras "Un peu de bonheur". Comment ne pas être heureuse quand on est Romy? En ayant été séparé de son père, en divorçant de son premier mari, en quittant le second, en apprenant la mort atroce d'un être qu'on a quitté mais qu'on aime encore, en perdant son fils de 14 ans ..

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30 décembre 2010

Citations

"Mieux vaut avoir une vie courte et belle, que longue et de demie mesure."

"Tout ou rien, telle est ma devise."

"J'ai toujours tiré davantage de ma propension à prendre des risques."

Toute les citations de Romy témoignent d'une vie mené à fond, d'une femme passionnée voire tyrannique, qui faisait les choses avec force et courage, qui amait de tout son coeur, qui détestait les demis mesure. Une femme entière et généreuse, dont le souvenirs nous réchauffe le coeur, car Romy sa vie durant, "à chercher un bonheur sans limites, pour trouver un malheur sans bornes" ( Romy de Johannes Thiele ), comme l'affirme cette citation de Laurent Pétin " Elle cherche un bonheur qui n'existe pas, et comme elle ne le trouve pas, elle creuse sa propre tombe ". La fragilité de Romy Schneider contraste avec la force de Magda. Mais Romy Schneider, c'était aussi une sensibilité à fleur de peau, à fleur de coeur, dimension manquant à Magda Schneider. L'émotivité était sa faiblesse, elle le savait.

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